ANSES et PSEUDOSCIENCE

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Publié le

02/03/2021
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En 2014, le CRIIREM  a demandé à l’ANSES et à son Comité de Déontologie (CDPIC)  une explication concernant l’utilisation incompréhensible du terme « Radiofréquences » dans tous ses documents. L’ANSES  utilise le terme  de « Radiofréquences »  pour dénommer des technologies utilisant les hyperfréquences, comme les antennes de téléphonie mobile et les téléphones portables. Précisons  que  cette […]

Auteur

Pierre Le Ruz

En 2014, le CRIIREM  a demandé à l’ANSES et à son Comité de Déontologie (CDPIC)  une explication concernant l’utilisation incompréhensible du terme « Radiofréquences » dans tous ses documents. L’ANSES  utilise le terme  de « Radiofréquences »  pour dénommer des technologies utilisant les hyperfréquences, comme les antennes de téléphonie mobile et les téléphones portables.

Précisons  que  cette confusion est  depuis longtemps signalée par l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) dans son opuscule ISBN 2-7389-0368-1 qui explique que :

« Dans les ondes électromagnétiques (OEM), les rayonnements électromagnétiques radiofréquences (RF) sont compris conventionnellement par le CENELEC TC 111 dans l’intervalle de fréquences de 10 kHz à 300 MHz. Les hyperfréquences (HF) couvrent la gamme comprise entre 300 MHz et 300 GHz.

La plus grande vigilance doit être apportée lors de la lecture bibliographique, car dans la littérature anglo-saxonne le terme « radiofrequency » désigne l’ensemble des ondes radioélectriques  et comprend donc les rayonnements radiofréquences et hyperfréquences. Cela peut conduire à des erreurs d’interprétation de la documentation disponible. »

Au final, l’ANSES n’a jamais fourni aucun argument crédible sur ce lapsus impensable pour un organisme dit scientifique.

 

En 2019, l’ANSES récidive dans ce type de lapsus dans son Avis  « Effets sanitaires liés à l’exposition aux champs électromagnétiques basses fréquences ».

En effet, l’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) dans le même opuscule  indique que les basses fréquences (LF) couvrent la gamme  comprise entre 30kHz et 300 kHz et sont donc des rayonnements radiofréquences (RF). Pour un scientifique, le domaine étudié par l’ANSES dans cet Avis se situe dans le spectre des Extrêmement basses fréquences dites aussi ELF couvrant la gamme comprise entre 1 Hz à 10kHz et incluant donc le courant électrique  50 Hz. L’excuse fallacieuse donnée par l’ANSES serait que le terme Extrêmement basses fréquences est utilisé dans la littérature comme synonyme de basses fréquences. Dans quelle littérature sérieuse ??? Certainement pas dans la littérature scientifique académique !!!

 

Plus graves, ses recommandations concernant l’urbanisme sont en contradiction avec le rapport d’août 2010 du Ministère de l’Écologie et du Ministère de l’Industrie sur la maîtrise de l’urbanisme autour des lignes de transport d’électricité. Ce rapport  recommande de retenir un microTesla (1 µT) comme valeur limite de zone d’inconstructibilité et 0,4 microTesla (0,4 µT) pour les zones de prudence et  les Bâtiments dits sensibles ( écoles, crèches, maternités…). Alors que  l’ANSES recommande 1 µT contre 0,4 µT,  pour les nouvelles implantations des établissements sensibles  en se basant sur une instruction de 2013. Cette dernière instruction  n’a jamais été publiée au Journal Officiel. Cette différence est incompréhensible, car l’ANSES se dit préconiser dans le cadre de la gestion des risques technologiques une réduction de l’exposition pour les populations sensibles et en particulier pour les enfants !!!

 

De plus, l’ANSES discrédite  insidieusement  l’OMS qui indique que le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) a classé les champs magnétiques des Extrêmement Basses Fréquences et les ondes radioélectriques  de 300 KHz à 300 GHz comme agents potentiellement cancérogènes 2 B (communiqué  du 27 juin 2001 et du 31 mai 2011). Pourtant, cette même classification attribuée aussi au risque sanitaire impliquant le glyphosate, a fait consensus chez les scientifiques qui ont demandé son interdiction. Dans les mêmes conditions de classement , dans un cas , le glyphosate , l’ANSES demande l’interdiction ; pour les EBF  et les ondes radioélectriques l’ANSES ne se prononce pas . Voir

https://www.iarc.who.int/wp-content/uploads/2018/07/pr208_F.pdf

 

Au final, l’ANSES est-elle sous l’emprise de conflits d’intérêts?  comme l’AFSSET en 2005 dont les experts avaient été reconnus officiellement ( IGAS et IGE) compromis avec des opérateurs ??? Ou  alors, en raison des confusions affichées et assumées sur la répartition des fréquences électromagnétiques, l’ANSES est-elle dans une dérive de pseudoscience ???

 

 

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