Combien de leucémies avant d’agir ?

"

Publié le

12/02/2015
l

A Louvres, dans le Val d’Oise, les habitants de plusieurs lotissements vivent à quelques mètres du passage d’une ligne à 400 000 Volt. Au Mans, un autre lotissement s’est construit à quelques mètres d’une ligne à haute tension. Près de Vannes, à Saint Avé, une maison se bâtit à 5 mètres d’une 90 000 Volt, […]

Auteur

datagitateur

A Louvres, dans le Val d’Oise, les habitants de plusieurs lotissements vivent à quelques mètres du passage d’une ligne à 400 000 Volt.

Au Mans, un autre lotissement s’est construit à quelques mètres d’une ligne à haute tension.

Près de Vannes, à Saint Avé, une maison se bâtit à 5 mètres d’une 90 000 Volt, l’inspection du travail a fait cesser les travaux pour risque d’électrocution.

Près de 200 000 personnes en France vivraient à moins de 100 mètres d’une ligne à très haute tension.

Compte tenu de ce que l’on sait des effets de ces lignes électriques sur la santé, cette situation est scandaleuse et inacceptable.

Les enfants en première ligne « Si l’on examine les tumeurs du cerveau et d’autres diagnostics, on constate que le risque de leucémie est 69 % plus élevé que la moyenne si l’on se trouve à moins de 200 mètres d’une ligne à haute tension, et 23 % plus élevé si l’on se trouve à une distance comprise entre 200 et 600 mètres d’une ligne à haute tension » a expliqué Gerald Draper, directeur de recherche à l’université d’Oxford. L’étude d’épidémiologie réalisée de 1997 à 2001 et rendue publique en juin 2005 porte sur 60 000 enfants britanniques, pour moitié issue du registre national des tumeurs infantiles.

Ces résultats statistiquement significatifs – l’étude Draper est l’une des plus vastes réalisées à ce jour – confirment le risque cancérigène des lignes à haute et très haute tension chez leurs riverains, et plus particulièrement les enfants.

Le lien entre les champs magnétiques des lignes à haute tension et la fréquence des leucémies infantiles a été mis en évidence dès 1979. « Depuis, des dizaines d’études épidémiologiques, de plus en plus sophistiquées, ont été publiées », résume ainsi Peter Boyle, le directeur du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer). En 2000, le CIRC a conclu : « il apparaît pour l’ensemble de ces travaux un doublement du risque de leucémie infantile, pour une exposition supérieure à 0,4 microTesla ». Pourtant, un arrêté a fixé en 2001 la limite d’exposition à 100 microTesla en France !… Une exception culturelle dont la population française se dispenserait.

Pour des couloirs de sécurité interdits aux permis de construire Nous demandons aux pouvoirs publics d’appliquer les servitudes de 30 mètres prévues par le décret du 19 août 2004 mais aussi de créer des couloirs de sécurité de 300 mètres de part et d’autres des lignes existantes et excluant tous permis de construire. Nous leur demandons aussi de limiter l’exposition du public à 0,2 microTesla, telle que le recommandent les institutions internationales. Enfin, la réplication en France de l’étude Draper nous semble la solution la plus efficace pour, à court terme, disposer de données épidémiologiques à proximité des lignes HT et THT.

Ces mesures, simples, sont les seules adaptées aux risques électromagnétiques avérés des lignes à haute tension. Le consensus scientifique existe. Les pouvoirs publics anglais travaillent à ces solutions. Et en France ? Combien faudra-t-il de leucémies avant d’agir ?

Associations signataires Ille et Vilaine sous Tension, Mayenne SurVOLTée, Comité de défense de Champlan, (riirem, Point à la ligne !, Animaux sous tension, Agir pour l’environnement

Dans la même catégorie